Mardi 26 Décembre 2006
Hier, nous avons donc été passé le Christmas Day dans la famille
de Mike (un de mes collègues à la Bakery) qui nous avait gentiment invité. Mike
est passé nous chercher un peu avant 4 :00 et nous avons commencé à manger
vers 6 :00. Le buffet était composé de morceaux de dinde, de farce, de jambon, de
petits pois, de légumes, de gelée de cranberries, de sauce… En gros ce qu’on
avait mangé la veille mais comme c’était du fait maison, c’était forcément
meilleur ! Et en dessert, tarte pommes-amandes, tartelette et glace à la
vanille… Nous avons bien mangé encore…
Tout s’est bien passé et la famille de Mike a été très accueillante avec nous. Quelques fois nous nous sommes juste senties un peu perdu avec notre anglais…
Très bonne expérience et agréable soirée dans une famille canadienne !
Mardi 26 Décembre 2006
Il était une fois une petite Nelly qui voulait visiter le monde. Elle partit au Canada, pays des grands espaces, en laissant derrière tout ce qu’elle connaissait. Armée de ses rêves et de sa volonté de bien faire, elle arriva un jour d’octobre dans sa nouvelle ville. Les jours passaient, tout allait au mieux pour elle.
Et puis un jour, elle se rendit compte que l’argent ne poussait malheureusement pas sous ses pieds. Il fallut alors travailler pour continuer son rêve.
Comptant sur sa chance, elle n’envoya qu’un seul CV, n’eut qu’une seule réponse et n’effectua qu’un seul entretien. Deux semaines plus tard, elle commençait à travailler. Voici son histoire !
Le premier jour, je me suis dit OK tout va bien se passer.
Je rencontrais mon premier collègue, Vincent, lui aussi français, qui allait
suivre la formation avec moi. La troisième personne à être engagée, était elle
aussi française. Décidément on a la côte ici !!!!
Bref la formation s’est déroulée comme prévue, à un détail prêt : elle était à 98% en anglais. Ouhhhhh ! Ok ! Je ne suis pas venue en Colombie Britannique pour rien. Mon cerveau est concentré pendant huit heures, pour essayer de discerner les mots individuellement dans ce charabia. Heureusement pour moi, mon niveau n’est pas aussi nul que je ne le pensais. Je comprends environ 60% de ce qui ce dit pendant la première journée. Peut mieux faire !
La première semaine se résume à apprendre l’éthique de la compagnie (oui ici on parle de compagnie), le fonctionnement de la base de données, et ce qu’il faut faire pendant le travail.
La deuxième semaine est une semaine d’observation avec une francophone déjà en poste. C’est elle qui effectuera le reste de notre formation entrecoupée de quelques heures plus théoriques.
Le vendredi nous commençons déjà à passer nos premiers appels.
Le travail consiste à appeler des personnes citées en tant que références d’emploi. On les appelle, on leur pose une quinzaine de questions et on doit prendre un maximum d’informations pendant l’appel. Ce travail exige non seulement de l’attention à ce que la personne vous dit, mais aussi une technique de frappe irréprochable. Je m’explique : je tape environ 28 mots par minute sur un clavier qwerty, il faudrait que j’en tape minimum 40. Certains collègues approchent la centaine de mots par minute ! Le plus dur est de tout faire en même temps : poser les questions, assimiler ce qu’on nous dit (le québécois c’est pas toujours facile à comprendre même pour un français !) et écrire tout ce qu’on vous répond. Bref je suis encore loin des 100 mots à la minute…
Heureusement on y va petit à petit. Au début on ne fait que poser les questions, c’est une autre personne qui prend en note. Et puis ensuite on fait les deux à la fois. Bref au bout de la troisième semaine je suis à peu prêt au point même si ma vitesse de frappe ressemble encore à celle d’un escargot.
La troisième semaine ce n’est plus de la rigolade ! Là on se met au travail en solo. Heureusement notre formatrice est à deux mètres et peut répondre aux 36000 questions que nous lui posons les premiers jours. Je suis encore trop lente pour finir un dossier mais çà va venir peu à peu. En fait plus vite je taperai et plus vite les dossiers seront finis. C’est pour çà qu’ils nous font faire environ une heure de frappe par jour sur un logiciel spécialisé et qu’ils nous ont reconfiguré nos claviers en azerty. Ouf ! c’est déjà mieux avec les accents.
Question horaire : c’est flexible dans le sens où il faut faire huit heures par jour mais vous commencez à l’heure que vous voulez (enfin presque). Sachant que nous francophones nous appelons uniquement le Québec qui a un décalage horaire de 3 heures en plus, il faut commencer très tôt le matin pour réussir à contacter les gens.
C’est pour cela que je me lève à 5h du lundi au vendredi, que je pars de la maison à 6h, pour arriver au travail vers 7h30 (quand le skytrain n’a pas de problèmes techniques ou qu’une tempête n’a pas fait sauter le courant dans les 2/3 de Vancouver, si si c’est arrivé, je vous le jure !). Mais çà c’est seulement en ce moment car d’ici quelques semaines quand il y aura beaucoup plus de travail, il faudra arriver environ une heure plus tôt…(maintenant je comprends mieux le sens d’une question lors de l’entretien d’embauche : est-ce que cela vous gêne de commencer le travail de bonne heure ? lol).
Bref la compagnie nous offre notre pause déjeuner. C'est-à-dire que notre ½ h pour manger nous est payée, et surtout que nous sommes seulement 8h au travail et non pas 8h30. Quand il n’y a pas trop de travail comme en ce moment, je sors vers 15h30.
A partir de là j’attends le bus. Cette ligne de bus n’est pas très fiable au niveau horaire. Il m’arrive donc parfois d’attendre 20 minutes, voire plus, avant de voir arriver un bus. En temps normal je rentre à la maison vers 17h45 ou 18h.
Voilà vous connaissez une journée type, sachant que lorsque je rentre, je suis affamée et crevée. Ici au Canada on dîne plus tôt qu’en Europe. A 18h30 on a faim, et à 21h30 on dort !
Pour le taf, y’a quand même des avantages certains. Chaque employé a droit à une assurance maladie (sauf moi car je suis pvtiste !), il y a une sorte de CE, les heures supplémentaires sont payées et c’est à chacun de gérer ses heures puisque dès l’instant où vous dépassez 8h de travail dans la journée, c’est automatiquement compter en heure supplémentaires (à un taux très intéressant), il y a une sorte de cafétéria à disposition, …
Je ferais certainement une note comparant les entreprises canadiennes et celles françaises d’ici quelques temps, car je trouve intéressant de voir la différence.
Pour le moment, çà me plait plutôt bien. En plus je viens d’avoir ma première paye pour mes deux premières semaines de travail, ce qui ne gâche rien !! hihihihi !!
J’ai beaucoup de choses à vous raconter alors j’arrête cette note pour le moment et j’enchaîne avec une nouvelle… Et hop !
Lundi 25 Décembre 2006
Sachez qu'au Canada, on fête aussi Noël, et ce dans un esprit bon enfant...
le jour tant attendu est enfin arrivé.
Nous aussi nous avons préparé notre Réveillon comme il se doit.
Au menu :
Avocat et son étoile de crevettes
Farce sur lit de dinde, accompagnée de petit pois et de mashed potatoes
Gâteau aux carottes, brownie à la noix de coco et au chocolat, cheesecake
Comme vous pouvez le voir, on s'est fait plaisir !
La preuve en images :
Du 09 au 24 Décembre 2006
Deux semaines au pays du Caribou
A la descente d’avion
Ma première mission, retrouver le contact français sur place : une certaine Nelly. Elle me reconnaîtra grâce à une vieille photo de moi sur MSN, de mon côté, je la reconnaîtrai grâce à la fameuse photo du blog où elle déguste ses sushis… et peut-être aussi parce qu’elle parle ma langue… enfin ça c’est encore à voir…
Lieu de rendez-vous : l’aéroport de Vancouver… ben vu de chez moi à 8000 bornes je me disais c’est cool, c’est précis… arrivé à Vancouver ça commence à sentir le vague…
Bon une petite parenthèse sur le superbe ‘mandala’ indien sculpté dans une tranche de séquoïa géant, faudra vraiment que je le prenne en photo au départ si je peux…
En fin de compte avec mon petit retard de presque une heure à la sortie après récupération des bagages, je me suis dit, c’est cuit elle a dû rentrer chez elle…
Et là une voix me fait : « Alexandre Rolin ? » vous savez même genre que « Sarah Connor ? »
Enfin non elle avait pas un flingue et un œil rouge qui luit dans le noir, et elle semble douée d’un peu plus de conversation que Schwartzie…
Bref j’étais arrivé et entre de bonnes mains…
Du changement d’échelle : la ville
Qu’est-ce que je me suis dit en arrivant au Canada ?
Ok, le Canada c’est grand, les villes comme Vancouver sont étendues mais bon ça doit pas être si terrible, je prends mon nécessaire de jogging pour faire la découverte du tour de la ville à petite foulée (à titre d’indication, Paris intra muros Est-Ouest 10 kilomètres) mais là c’est un peu abuser leurs distances… même en vélo ça ferait mal…
Mais la ville et le centre en particulier, c’est la première grosse claque qu’un européen peut avoir, c’est vraiment comme dans les films américains et tout et tout… une première appréciation du Downtown à pied s’imposait…
Je me suis lancé dans ma première aventure canadienne : avoir mon propre véhicule et jouer les riders intra-urbains (dans un premier temps) et là deuxième découverte, l’européen doit s’adapter à cette conduite sans goût sans saveur, j’ai nommé les vitesses automatiques…
Mon royaume pour une petite reprise en troisième vitesse puis embrayer
Ah ça monsieur chez nous y a pas, laissez votre pied gauche au repos, non non laissez-le il sert à rien… et la main droite, … sur le volant assurément… tout le temps ? tout le temps ! mais un petit réflexe Darwinien peut-être pour passer le point mort ou bien repasser la première quand le feu passe au vert ? non, non, non et non petit !
Bon, ben comme ça y a pas que le fromage qui n’a pas de goût ici, la conduite non plus, et les limitations de vitesses ridiculement petites… et ils roulent comme des pépères en plus… non Audrey je ne parlais pas de toi pour l’instant, toi ça n’a rien à voir avec le nouveau continent, tu es tombée dedans étant petite, les effets de la conduite tranquille et sûre sont permanents chez toi…
Au fait c’est quand même le Canada, non ?
Dès qu’on détourne un peu le regard de la ville, c’est tout aussi singulier… la nature est vaste et pourtant proche…
Au nord de Vancouver, un petit coin paumé dans la montagne,
un point d’embarquement du ferry pour l’Ile de Vancouver
un peu plus haut encore vers le nord en direction de Squamish, les ‘Shannon Falls’
le transport du bois à proximité de l’embouchure de Fraser River
et… l’Ile de Vancouver…
Et les indiens ?
J’avais lu avant de venir à Vancouver que la Première Nation y était, plus qu’ailleurs, très bien représentée. Je m’imaginais les Amérindiens représentés par tribus ayant gardé un maximum de leur culture ancestrale… et que la ville n’est peut-être pas le meilleur endroit pour aller à leur rencontre, qu’il faudrait très certainement sortir un peu des sentiers battus…
A première vue, en ville, le melting-pot est tel que rien d’authentique ne semble ressortir dans les cultures des minorités… ah si ! des totems, ah ça on nous en sert à toutes les sauces, mais quel crédit accorder à cette foultitude de poteaux colorés qui pourraient aussi figurer à Disneyland… des boutiques d’art des ‘First Nations’, là aussi ça pourrait être de l’attrape-touriste on ne saurait faire la différence…
Y a de jolies choses dans l’art indien y a pas à dire, mais ces magasins c’est un peu nos ‘Nature et Découverte’ à nous à la sauce indienne…
Par contre au hasard d’une de mes ballades dans les coins de Vancouver, je suis tombé par hasard dans ce qui semblerait être une réserve indienne, en fait un quartier comme un autre sauf que ses habitants sont tous typés, du moins ceux que je croise et qu’ils semblent assez vivre de façon communautaire à savoir que les affaires qui s’étalent d’une maison à une autre ne semblent pas plus appartenir à l’un qu’à l’autre…
The Musqueam Band
Note de l'éditeur : Vous avez donc découvert les aventures d'Alexandre R.
Nous vous informons qu'il est bien rentré chez lui sain et sauf malgré quelques turbulences météorologiques à l'aller et techniques au retour...
Mercredi 29 Novembre 2006 : Re-neige
Jeudi 30 Novembre 2006 :
- Célébration de notre 1er mois au Canada avec au menu une poutine (plat « traditionnel » au Québec). Ce sont des frites accompagnées d’une sauce au bœuf et de morceaux de cheddar Mais ce n’est qu’un avant-goût… la vraie on la mangera quand on ira faire un tour dans la Belle Province…
- Rencontre du nouveau colocataire. Josué, notre colocataire originaire du Guatemala et qui a grandi aux Etats-Unis déménage. Donc Marie-Jacques (on est pas sûr du prénom…) s’est présenté à nous. Il a 47 ans, est Vancouverois et va rester un mois (ou plus) dans le basement.
Vendredi 01 Décembre 2006 :
Nelly passe 4 heures dans le bus pour repérer son futur environnement de travail.
Samedi 02 Décembre 2006 :
- Notre 1er cinéma canadien. Nous sommes allées à Empire Oakridge qui propose chaque semaine trois films et qui est le cinéma le plus proche de chez nous. Entrée : 8, 85 $. Nous sommes donc allées voir Déjà vu film d’action de Tony Scott avec Denzel Washington. Pas mal et surtout on a compris l’essentiel ! Dans une salle de cinéma, on reste davantage concentré sur les dialogues ce qui nous donne envie d’y retourner régulièrement…
- Test de la Focaccia, pain italien cousin de la fougasse. Celui-ci etait aux oignons. Miam…
Dimanche 03 Décembre 2006 :
A la bakery, Audrey a la responsabilité de la préparation des cookies au chocolat blanc et noix de macadamia… Mission réussie. En gros, c’est préparer la pâte et en faire des dômes ! Après il ne reste plus qu’à les « écraser » et mettre au four (mais je n’en suis pas encore à ce niveau là…)
Lundi 04 Décembre 2006 :
Premier jour de travail de Nelly. Résumé prochainement.
Lundi 04 Décembre 2006
Alors après trois semaines de travail, qu’en est-il ?
Déjà, j’en sais un peu plus sur les conditions de travail au Canada. Salaire minimum de 8 $ (brut soit environ 6 $ en net), deux semaines de préavis (pour employés et employeurs), semaine de 40 heures.
Concernant mes conditions de travail : mes jours de congés sont le lundi et le jeudi, paie le 2ème et 4ème mardi du mois. Maria m’a dit qu’elle était prête à me garder un an si tout se passait bien. J’ai aussi retenu quelques prénoms : Linda, Loan, Ben, Richard, Mike, Nick, Maria, Catie, Caroline, Melissa 1, Melissa 2, Stefania, Maryline, Shane, Kim, Joan, Michel, Danny…
Aperçu d'une journée à la bakery :
9h35 : J’arrive sur Victoria Drive au niveau de la 41th
Ave, comme je le fais plus souvent, je descends jusqu’à la boulangerie à
pied : premièrement pour ne pas arriver trop tôt et surtout pour faire un
peu d’exercice… mais avec la neige je me fais de petites frayeurs… quelques
glissades mais maîtrisées !
9h42 : Je vais chercher la clef dans la boulangerie et je ressors pour ouvrir la porte qui mène au 1er étage. Et là, je me prépare : pantalon de rando beige D…….tlon (il retrouvera peut-être un jour sa vocation initiale… qui sait !), tee-shirt, tablier blanc sale et enfin charlotte qui me donne une allure folle !
9h48 : Hi !, Good morning !, How are you ?,
Fine, thank you and you ?, mes premiers mots anglais de la journée,
jusque là tout le monde me comprend ! Après avoir dis bonjour, je me
dirige alors vers mes outils de travail…. mes deux gros éviers et mon superbe
tablier rouge imperméable. Et comme j’ai une façon très personnelle de faire la
vaisselle (c'est-à-dire en projetant de l’eau partout…) je mets donc son
imperméabilité à rude épreuve
9h50 : Je démarre ma journée les mains dans les marmites pleines de restes de chocolat, crèmes et autres pâtes à cookies… Ce matin à la radio, c’est genre ChérieFM… oh mais d’ailleurs cette voix ??? ! Mais oui c’est bien lui Rock Voisine… chantant en anglais of course !
11h00 : Loan me « force » à tester ses nouvelles recette de cookies, l’une au citron l’autre au chocolat… miam… mais je lui dis qu’il faut que j’arrête de manger autant sinon on me reconnaîtra plus quand je rentrerais en France. Ça ne l’a pas empêché de me proposer un donut dans l’après-midi...
11h30 : Catie me demande de l’aider pour les gâteaux de noël. En prime j’ai droit à une leçon d’anglais. Elle me pose des questions sur différents sujets et corrige mes fautes ! Cool parce que j’en fais beaucoup…
13h00 : Quelqu’un vient de changer de radio. On passe à une radio style Nostalgie. Que du bonheur ces vieux tubes américains !
14h00 : Pause déjeuner. Ce midi je me retrouve à déjeuner avec Ben… Il me demande d’où je viens. Enfin… je devine plutôt sa question parce qu’on ne distingue que très peu de mot quand il parle… Du coup je lui réponds et lui retourne la question… et là sa réponse demeure encore à ce jour un mystère… Par contre, j’ai appris par la suite que personne ne le comprenait ou très peu à la boulangerie… me sens moins seule…
14h30 : Je retourne à ma vaisselle.
16h00 : A moi les sponges et sheets. Petite anecdote : lors de mon premier jour, Catie m’a annoncé que le mercredi, c’était le jour des sponges et des sheets. Mais bien sûr ?!!!! Pour moi ça signifiait m’occuper des « éponges » et des « merdes » (quand elle a prononcé sheet, j’ai compris shit) Je fus assez soulagée quand j’ai vu ce que ça concernait au final. Des sponges ce sont aussi des génoises et des sheets des feuilles (de génoises)…
17h30 : Je termine de ranger les moules des sponges et des sheets. En fait ma mission consiste à les démouler (en les tapant sur la table de travail, excellente manière d’évacuer son stress par ailleurs !), les empiler et les ranger d’une certaine façon dans la chambre froide et nettoyer tous les moules juste avec une petite spatule (ou spatulette comme je les nomme). Je retourne à ma vaisselle ensuite !
17h45 : Mike arrive et s’obstine à me dire les deux expressions françaises qu’il connaît : Bonjour ! Ça va bien ?. Et aujourd’hui, il me demande de quelle ville je viens. Angers ne lui dit rien étant donné que les deux seules villes françaises, dont il connaît l’existence, sont Paris et Dijon (parce qu’un français travaillant à la Bakery vient de Dijon !).
18h30 : Bye, See you ! de ma part à ceux qui restent et un Aurevoir de Mike. Je note mes heures dans mon petit carnet et je vais me changer à l’étage.
18h40 : Je me dirige vers la 41th pour prendre le bus.
En gros, une fois montée dans le bus, je m’écroule sur un siège. Un peu d’efforts
physiques mais surtout intellectuels qui m’ont épuisés : l’anglais et moi,
on ne s’est pas encore tout à fait trouvé…
Dimanche 26 Novembre 2006
Depuis hier après-midi, il neige sur Vancouver ! En
quelques heures, plusieurs centimètres de neige et ça tient !
Nous qui avions choisi Van pour son climat modéré l’hiver… no comment ! Heureusement les températures sont tolérables.
Donc on s’est dit : pourquoi pas une petite ballade
pour vous montrer notre quartier ! Après avoir éviter le rhume des mollets à cause des pantalons trempés, après mille glissades acrobatiques rattrapées de justesse, nous vous avons ramené ces photos en exclusivité pour vous cher public !
Voici les deux églises du quartier : la première Vancouver Christian Assembly et la seconde Ebenezer Baptist Church
De gauche à droite : la Bakery et ses gros muffins (miam...), notre fournisseur officiel de sushis, le bureau de poste et le marchand de fruits et légumes pour le plein de vitamines !
Toujours de gauche à droite : la petite épicerie de dépannage, notre bibliothèque, la boutique à 1 dollar l'article (en sus les taxes), la banque avec notre charmant banquier et notre dernière découverte le resto indien (c'est quand qu'on y retourne ?)
Samedi 25 novembre 2006
Abandonnée par Audrey qui travaille dur, je comble mes journées comme je peux. Malheureusement, il pleut beaucoup, et visiter quand il pleut c’est pas terrible. Je profite donc d’une journée légèrement ensoleillée pour me sortir un peu et découvrir les joies d’être vancouveroise.
Le marché de Granville Island ne se situe pas vraiment sur une île comme son nom semblerait pourtant l’indiquer. C’est en fait une île artificielle, qui est rattachée au continent. Le seul problème pour y accéder, est de se situer du bon côté du fleuve False Creek.
Mais vous me connaissez bien, moi j’aime les choses compliquées. Je suis donc arrivée par le Downtown (centre-ville) qui bien sûr, n’était pas sur la bonne rive.
Sherlock Holmes en action ! Problème identifié. Solution aussi : traverser le fleuve. OK. Jusque là, je suis au point. Moyen à mettre en œuvre ? heu..heu, c’est là que cela se gâte. Rien à l’horizon : pas de pont (à part celui situé au-dessus de moi, qui m’obligerait à faire un grand détour), pas de passerelle, et pourtant c’est à peine à 200 mètres !
Soudain ! Un objet encore non identifié attire mon regard : c’est petit, très coloré (non non c’est pas encore une devinette, je vous rassure !), et çà flotte !! Mais non ! Il ne pleut pas ! Je dis simplement que le bateau, puisque c’en est un, flotte ! J’observe alors son petit manège : il relie les deux rives ! Génial : problème résolu !
Je me dirige alors à grandes enjambées vers le point d’accostage du bateau pour ne pas louper le prochain départ.
Pour votre information, on appelle cela un traversier, et ils relient (oui ! y’en a d’autres) différents points sur le fleuve. Pfff je le savais !
L’aller coûte 2,5 dollars, ne dure que quelques minutes (3-4) et vous permet d’atteindre le sésame : le marché de Granville Island. C’est un marché couvert qui abrite des dizaines et des dizaines de marchands : nourriture, artisanat, fleurs… Bon c’est vrai que c’est principalement de l’alimentation : j’y peux rien, il n’y a que çà au Canada ! En plus je suis tombée le jour où il y avait une attraction : les vendeurs de fromage ! Et là : sous mes yeux larmoyants se trouvaient ce que je n’avais plus mangé depuis des semaines : des camemberts, des fromages de chèvre (enfin du moins, çà en portait le nom), des fromages qui puent !! J’ai vu du Chaume : j’adore ce fromage. Soudain sans que je puisse là contrôler, je vis ma main se tendre vers un petit morceau. L’attraper. Le retourner dans tous les sens. Et…le charme fut rompu. Mes yeux avaient découvert le prix ! Plus de 8 dollars, le morceau ! Quelle honte ! Et là, tout à coup, je contrôlais ma main à nouveau et l’obligeait à lâcher ce délice. Non mais !
Il y avait aussi de beaux fruits, de beaux légumes, j’ai trouvé les prix assez élevés mais peut-être pas plus qu’en France après tout. Tout le monde mangeait sur place, la nourriture était très variée, un peu comme dans les food courts.
Mis à part le marché, de nombreuses petites boutiques de souvenirs parsèment l’île. Des souvenirs, des parapluies, des galeries d’art, bref pas mal de choses à voir.
Voilà l'après-midi est passé, je reprends le chemin inverse, prend quelques dernières photos...mais c'est promis, j'y retournerai..et cette fois-là je ne reviendrais pas les mains vides !
Jeudi 23 Novembre 2006
Bon je commence depuis le début.
Il y a environ deux semaines, je repérais une annonce sur le site Internet Craigslist pour un poste d'interviewer en ressources humaines. Je vous explique : lors de certains recrutements concernant des postes importants dans de grosses sociétés, on fait appel à la société pour laquelle j’ai postulé qui va contrôler les informations contenues sur le cv du candidat en question. C’est un poste qui m’a tout de suite intéressé. J’ai donc envoyé mon cv et une lettre de motivation en français puisque le poste était en français.
Quelques jours plus tard, je recevais un appel pour que l’on fasse un entretien par téléphone. Je ne vous dis pas le stress, j’étais en train de manger, je pensais pas qu’on m’appellerais à ce moment, bref la panique. La jeune femme me pose alors plein de questions diverses et variées concernant mes motivations, mon cv, etc…
Ah oui j’oubliais de vous dire que l’entretien par téléphone s’est bien évidemment déroulé entièrement en anglais ! Que du bonheur ! Bon çà va je comprenais quasiment tout j’ai du la faire répéter QUE quelques fois. Et puis parfois c’est moi qu’elle ne comprenait pas, notamment concernant mon visa, oups…
Du coup à la fin de l’entretien elle me propose un rendez-vous pour passer divers tests et un entretien si tout se passe bien.
Mardi veille de l’entretien, je décide d’aller voir où se situe cette société car c’est assez loin d’où on habite. J’ai bien fait ! Je me suis perdue, j’ai voulu y aller à pied car il y a avait juste à remonter une rue pour y arriver. Le problème c’est que la rue en question faisait des kilomètres et des kilomètres, que je devais aller au 19000 et quelques, et que forcément c’était à l’opposé d’où j’étais ! Bref après avoir demandé mon chemin à plusieurs reprises en plein nuit (il n’était que 18h mais ici c’est la pleine nuit !), je décidais de rebrousser chemin et de prendre le premier car qui venait. J’ai demandé au chauffeur si il y avait un bus qui menait là où je devais aller, j’ai eu ma réponse. Pour me rassurer j’ai investi dans une carte globale des transports de Vancouver et alentours !
Le lendemain matin, j’avais rendez-vous à 9h30. Je suis partie de la maison vers 7h et en suivant toutes les indications que j’avais noté la veille au soir grâce notamment à Internet, j’arrivais au pied du bâtiment de l’entreprise à 8h30 ! Je n’étais pas en retard ! Comme il pleuvait et ventait (c’était jour de tempête), je me décide à entrer. On commence déjà par me faire remplir un dossier de 2 pages, où je dois entre autre, re-présenter mon CV. Puis commencent les tests. Tests informatiques du style, combien y a-t-il de cubes, quel est le synonyme de ce mot (en anglais, j’ai tout mis au petit bonheur la chance sur ce coup-là…chut !) et calcul mental. Viennent ensuite des questions pour sonder ma personnalité et savoir si je ne suis pas une serial-killer ou une personne trop narcissique. Jusque là, çà pouvait aller. Le prochain test fut un peu plus laborieux : le test de vitesse de frappe. Ha ! mon préféré ! Que dire : il fallait taper, selon l’annonce, 40 mots par minute. Quand on voit çà, on se dit c’est pas énorme. C’est sûr, c’est facile ! Mais çà l’est moins avec un clavier QWERTY. Pour ceux qui ne le saurait pas, le clavier est différent en Amérique du Nord : il n’y a aucun accent, et les lettres ne sont pas positionnées de la même manière que sur les notres. Bref ma moyenne phénoménale fut de 28 mots par minute, ce qui, après tout, n’était pas si mal… Enfin, le dernier test consistait à taper deux dissertations en 35 minutes concernant les NTIC (Nouvelles technologies de l’information et de la communication) (pile dans mes études) pour la première, et le contrôle des références des candidats lors d’une embauche. Le tout était demandé en français !! (soulagement !).
On m’a ensuite demandé de patienter, puisque seule la réussite aux tests écrits donnait accès à l’entretien final. Quelques minutes plus tard, je rencontrais enfin la jeune femme que j’avais eu au téléphone.
Ils furent deux à me faire passer l’entretien puisque un français était aussi présent. L’entretien aurait normalement du se dérouler en français, mais il fut à 95% anglais. Questions sur mon CV, questions sur ma façon d’agir dans telle ou telle situation, questions sur ma personnalité…1/2h d’intense concentration pour ne rien rater de ce qu’on me disait en anglais ! Tout s’est bien passé, je n’avais pas forcément bien préparer mon entretien donc j’ai beaucoup improvisé, mais j’ai l’habitude : je suis comme çà !
Je devais avoir une réponse sous trois jours, mais c’était sans compter sur le fait qu’ils allaient passer mon CV et mon passé au peigne fin. Ils ont du passé quand même quelques coups de fil…je leur avais envoyé un email mardi soir car je m’inquiétais de ne pas avoir de nouvelles (et puis çà se fait beaucoup au Canada de rappeler l’employeur). On m’avait répondu que le contrôle de mes références n’était pas encore terminé, mais presque et qu’on me donnerait une nouvelle dès que possible.
Aujourd’hui je n’y croyais plus, à force d’aller voir ma messagerie et de ne voir que « 0 message non lu », je n’ai même pas tilté quand « 1 nouveau message » apparut à l’écran. C’est là que j’ai ouvert le message, toute anxieuse, essayant de lire et de traduire rapidement ce qui était écrit :
« We have completed your background checks and have reached a decision. After reviewing your assessment scores and interview we would like to offer you the position. Congratulations and I hope that you will accept! » En gros : Nous avons complété le contrôle de vos formations et avons pris une décision. Après avoir revu les résultats de vos tests et de votre entretien, nous aimerions vous offrir le poste. Félicitations et j’espère que vous accepterez.
Bien sûr que je l’accepte !!
Je commence donc le 4 décembre à 9h00. Oui c’est dans deux semaines, mais bon c’est pas grave !!!
Je suis trop contente, je ressens ce qu’à pu ressentir Audrey quand elle a trouvé son travail : c’est un soulagement !
C’est vraiment une épine en moins. D’ailleurs y’a plus d’épines !
Le boulot est à 1h30 de trajet par rapport à la maison, mais c’est pas grave, j’ai mon lecteur MP3 ! Et puis c’est quand même bien payé donc j’irais plus facilement et j’espère que le travail est aussi intéressant que je le pense.
Bon on va fêter çà ce soir !!! YYYYEEEEEESSSSSSSS !!!!!
Bilan : Audrey : 2 CV envoyés -> 1 entretien -> un travail
Nelly : 1 CV envoyé -> 1 entretien -> un travail
On se débrouille plutôt bien pour le moment, non ?
Nelly
Samedi 18 novembre 2006
Après 3 semaines d’intenses observations sur la culture canadienne, il est temps de faire un point.
Comme l’indique le titre de cette note, le Canadien est sans peur et sans reproche. Voici des preuves irréfutables :
- comme vous le savez, Vancouver est une ville où il y a beaucoup d’asiatiques, mais saviez-vous que des samouraïs l’avaient envahie ? Remarquez…je ne le savais pas non plus jusqu’à ce que j’en vois un !
Nous étions dans un bus, et il se dressait face à moi, de toute sa hauteur. Heu…en fait j’étais assise et lui debout, et il ne me dépassait pas tant que çà…Bref il était là !
Campé sur ses deux jambes, indifférent aux barres qui s’offraient à lui pour se tenir, arrogant devant les sièges vides prêts à l’accueillir pour le sauver du danger des coups de frein et d’accélération du chauffeur de bus. Non, rien ! Notre jeune samouraï ne voulait d’aucune aide. Il se tenait là, tel un funambule sur sa corde, les bras tendus pour l’aider à garder un équilibre précaire. Aucune jambe ne bougeait, du moins ses pieds, car il en était tout autre de ses genoux. Ces derniers, tantôt en flexion quasi totale, tantôt en extension, suivaient les mouvements du balancier au rythme des mouvements du bus.
La tête était haute, le regard fier ! Notre samouraï des temps modernes résistait jusqu’à présent à l’épreuve de sa vie !
Ce spectacle dura un bon quart d’heure durant lequel j’eus du mal à garder mon sérieux. Quelques bons coups de frein m’ont même (je l’avoue) fait pouffer de rire. Je lui tire néanmoins mon chapeau : il aurait mérité d’entrer dans le Guiness des Records pour cette performance physique hors du commun.
- Deuxième preuve. Comme vous avez pu le comprendre, Vancouver est une ville où il pleut. Où il pleut beaucoup. 3 semaines ici = 3 jours de beau temps !
Il est donc utile de se protéger de la pluie. Sans faire de machisme ou quoique ce soit, il est commun pour nous les femmes d’avoir notre petit (ou grand) parapluie avec nous dans ces cas-là. Mais, voyez-vous beaucoup d’hommes en France avec un parapluie ? Non sérieusement, à part quelques hommes d’affaires ou autres, çà ne court quand même pas les rues. Et bien à Van (c’est plus branché que de dire Vancouver), ils sont présents à tous les coins de rue. Du mafieux au sportif, du jeune au moins jeune, vous les verrez tous un parapluie à la main. Et si par hasard, le parapluie avait été oublié, la capuche prend immédiatement le relais. Non le Canadien n’a peur de rien : ici celui qui est ridicule, c’est celui qui n’a pas son parapluie et qui se laisse volontairement trempé au lieu de se protéger. On pourrait peut-être prendre exemple de temps en temps…
Je conclurai donc cette note en disant que rien n’effraie le Canadien…il contrôle la situation, c’est tout !!
Nelly